PEREZ Denis

Retour à la page précédenteEMPREINTES & ENVELOPPES

Cette exploration du rapport Homme nature dont l’artiste nous propose une lecture, met en scène les traces, craquelures, signes dans lesquels, telle une peau prennent vie les sculptures.

Cette peau devient la matrice par laquelle se forment les sculptures. Elles surgissent d’une gestuelle imprégnée du questionnement de l’être face au monde. Les Empreintes agissent comme un révélateur de ces formes enfouies en nos inconscients.

« Le négatif dévoile les signes inscrits dans la matière» : apparaissant en miroir, miroir fugitif ; comme des images enfouies dans les strates de notre histoire. Par fragments, elles nous mettent en relation avec une nature pleine de secrets, riches de nos mythologies. Ces peaux sont comme des caisses de résonance intimes, habitées par des signes qui invitent à la méditation.

Crânes, enveloppes vides à remplir de nos pensées.

Elles fixent dans notre ressenti l’emprise du temps « Forme piégée (fossilisée) dans et par la nature ».
Même si l’Homme s’impose, dispose, transforme, il n’échappe pas aux métamorphoses qui nous font percevoir le monde dans une relative temporalité.

Nous sommes tous des passagers dans la nature, des nomades.


SILHOUETTE

A peine reliées au sol par une fragile attache, les frêles silhouettes peuvent doucement osciller, comme au moindre souffle d’air, brins d’herbes géants (à moins que ce soit nous qui soyons soudain devenus fourmis). L’échelle humaine contribue à produire l’émotion que nous pouvons ressentir à nous promener au milieu d’elles, réactivant notre conscience du mystère de notre condition d’homme face au gigantesque et au microscopique

Même si elles ne bougent pas, l’espace large, dilaté entre elles ou au contraire la faible distance qui les sépare nous suggère une mobilité, une vie. Groupées ou isolées, elles se fuient ou se rencontrent : l’espace comme matière des sculpteurs ! … Et si une œuvre avait assez de force pour imprégner de son aura  le monde qui l’environne ?

Une vie d’autant plus présente que de minuscules têtes les surmontent. Avons-nous totalement chassé de nous nos croyances d’enfant : les objets qui nous entouraient étaient pourvus de vie, d’émotions. De nombreuses sociétés traditionnelles se sont appuyées sur l’animisme pour bâtir leur rapport équilibré au monde. Notre monde occidental rationnel l’a chassé. L’a-t-il totalement éradiqué de nos consciences profondes ?

Si nous avons la curiosité de scruter de très près leur « peau », … surprise, nous reconnaissons l’épiderme du vieux bois, sillonné de rides, de crevasses. Obtenues par prises d’empreintes sur de vieilles poutres, les silhouettes établissent le passage entre le végétal et l’humain, entre l’inanimé et l’homme … objets avez-vous donc une âme ? … Une âme … et si ces silhouettes, glissant discrètement au milieu de nous étaient des âmes …

E1 - A  +  S6 - A

E1 - A + S6 - A

Empreintes & Silhouettes

Empreintes & Silhouettes